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Hansen Transmissions, géant belge de l'énergie éolienne

Comptant parmi les leaders mondiaux de la production d'engrenages pour turbines éoliennes, Hansen Transmissions est particulièrement bien placé pour évaluer les perspectives actuelles et futures de l'énergie éolienne. Mais ce qui est intéressant aussi, c'est de jeter un œil sur la position même de l'entreprise dans son secteur d'activité. Et là aussi, se faire une place sur le marché mondial semble se transformer de plus en plus en lutte sans merci.

Les pales des turbines éoliennes convertissent l'énergie de l'air en circulation en mouvement rotatif : des ailes en tant que telles, et donc aussi de l'axe principal sur lequel elles sont montées. Cependant, ce mouvement rotatif est trop lent pour permettre au générateur de produire une quantité d'électricité importante. C'est la raison pour laquelle le mouvement de l'axe principal est accéléré dans un engrenage. La société belge Hansen Transmissions International compte parmi les plus grands producteurs d'engrenages de ce type au monde.

Une croissance inéluctable

Les infrastructures de production de Hansen Transmissions se trouvent à Lommel (4 600 MW) et, depuis deux ans, aussi en Inde (1 400 MW) et en Chine (1 600 MW). L'entreprise emploie environ 1 450 personnes dans le monde. La capacité de production totale annuelle s'élevait à 7 600 MW en 2011, ce qui correspond à une part de marché mondiale de 12 à 13 %. C'est ce qu'a déclaré le CEO, Alex De Ryck, le 1er juillet 2011 dans un discours prononcé à la Brussels Round Table for Sustainable Energy de l'Insead Alumni Association (l'Insead compte parmi les plus grandes écoles de management au monde).

« Les perspectives à long terme sont favorables pour l'énergie éolienne en général et Hansen Transmission en particulier », a-t-il ajouté. Cette situation est à imputer à une série de facteurs : la croissance de la demande énergétique, une plus grande prise de conscience environnementale, une demande de sécurité accrue en matière d'approvisionnement énergétique, une réglementation et des objectifs favorables de la part des autorités, les prix et les quantités limitées des combustibles fossiles, une réduction des coûts de production liés à l'énergie éolienne, une augmentation de la taille des turbines éoliennes et une importante évolution technique en matière d'énergie éolienne. De Ryck prévoit donc, entre 2010 et 2015, une croissance mondiale significative des turbines éoliennes déjà installées. En particulier, la capacité totale de 87 565 MW enregistrée en Europe l'an dernier devrait doubler d'ici 2015 (jusqu'à 179 090 MW), les 44 781 MW produits en Chine devraient être multipliés par 3,3 et les 12 966 MW générés en Inde devraient être multipliés par 2,7. Sur le continent américain, les 46 990 MW produits en 2010 devraient être multipliés par 2,6 (dont 2,4 fois plus pour la capacité de 40 274 MW générée aux USA, avec mention spéciale pour le Canada et le Brésil qui prévoient des investissements à grande échelle). Quant aux 6 689 MW produits dans le reste du monde, ils devraient être multipliés par 3,7. De Ryck : « C'est surtout le marché chinois qui a connu une croissance incroyablement rapide ces deux-trois dernières années. En 2010, le pays comptait à lui seul 50 % de l'augmentation mondiale. Il est fait mention de 90 à 100 gigawatts à générer dans les parcs offshore. C'est énorme ! Mais d'après moi, cette croissance se tempérera quelque peu dans les prochaines années. La réglementation est en train de changer. Par ailleurs, toutes les turbines installées en Chine ne semblent pas de qualité et beaucoup d'entre elles ne sont même pas encore reliées au réseau électrique ». Autre élément notable : les turbines deviennent de plus en plus grandes. Entre 2010 et 2020, la puissance mondiale totale des turbines inférieures à 1,5 MW ne bougera pratiquement pas, alors que celle des installations faisant entre 1,5 et 3 MW ira progressivement croissante (5 % par an) et que celle des turbines de plus de 3 MW augmentera même de 25 % par an, explique De Ryck.

Freins

Alex De Ryck mentionne encore un certain nombre de freins à court terme. Parmi ceux-ci, la réglementation capricieuse, en ce compris les politiques de soutien – ou non – élaborées par les pouvoirs publics. « L'Union européenne, par exemple, ne dispose d'aucune politique stable en la matière », indique le CEO de Hansen. Autres obstacles : la volonté de financement par des tiers (comme les acteurs du capital-investissement, par exemple), qui a connu un creux ces dernières années, et aussi les prix du gaz, exceptionnellement bas à l'heure actuelle. Sans oublier le prix (à la hausse) de l'acier, qui a aussi une influence sur la croissance de l'éolien puisqu'une seule turbine a besoin de 15 à 85 tonnes d'acier pour fonctionner.

Nouvelle ère, nouvelles lois

Jusqu'en 2007, Hansen Transmissions se trouvait dans une position plus que confortable. Le marché de l'énergie éolienne était une activité florissante et l'entreprise belge ne comptait plus ses clients. Rien qu'entre 2005 et 2009, la société a triplé son chiffre d'affaires. En 2007, Hansen Transmissions a décidé donc d'étendre sa capacité, passant de 8 500 MW en 2010 à une capacité planifiée de 14 300 MW en 2013 et ce, grâce à un doublement de la capacité de production sur le site de Lommel et le lancement d'une unité de production en Chine et en Inde. 
Mais la crise économico-financière a frappé en 2009 et a limité les projets d'expansion. De plus, une partie de la capacité de production a été vendue en 2011 (la division « engrenages industriels » d'Edegem, en ce compris une capacité de 1 100 MW). Du coup, Hansen dispose aujourd'hui d'une capacité de production de 7 600 MW, ce qui est suffisant pour pouvoir répondre sans problème à une augmentation de la demande, ajoute Alex De Ryck. Car de nombreux investissements dans les parcs éoliens sont actuellement reportés ou annulés, ce qui fait qu'aujourd'hui, Hansen Transmissions ne tourne qu'à 50 % de sa capacité. « Avant la crise, on entendait beaucoup dire qu'on n'investissait pas suffisamment vite dans des projets d'expansion. À présent, d'aucuns disent qu'on a investi trop vite. Le juste milieu dépend en fait du cycle de conjoncture dans lequel une entreprise se trouve. Mais je suis sûr qu'à l'époque, nous avons pris la bonne décision », affirme De Ryck. Mais d'autres facteurs contribuent aussi à rendre la lutte plus féroce que jamais sur le marché des engrenages pour turbines éoliennes. Comme le nombre de concurrents, en hausse : aujourd'hui, Hansen Transmissions en compte une dizaine. Autre facteur : depuis quelques années, le marché propose une nouvelle technologie qui, justement, entend rendre les engrenages inutiles. Il s'agit des « générateurs annulaires », ces générateurs qui fonctionnent selon un système de « direct drive » permettant de simplifier la conception et nécessitant moins de composants, ce qui devrait entraîner une diminution de la maintenance et une hausse de la sécurité d'emploi. à un inconvénient près, cependant : ce système pèse plus lourd et est plus coûteux. Dans l'intervalle sont également apparus les concepts « hybrides », qui se trouvent à la croisée des chemins. Selon Alex De Ryck, la situation qui prévaut actuellement est la suivante : 90 % des turbines sont équipées d'engrenages. « Au lieu de rendre les engrenages superflus, je trouve qu'il serait plus intéressant d'encore augmenter la performance des engrenages existants grâce au R&D », explique-t-il. Et Hansen Transmissions de joindre le geste à la parole : l'entreprise investit en effet de 3 à 4 % de son chiffre d'affaires dans ce domaine. Ce qui permet aujourd'hui au fabricant de produire des engrenages allant jusqu'à 6 MW, alors que ceux qui existaient il y a 30 ans avaient une capacité de seulement 30 kW. Sans compter, ajoute-t-on, que les engrenages mis au point pour les turbines éoliennes sont jusqu'à quatre fois plus petits que les engrenages industriels de puissance comparables.

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