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Zeta Pellet: des pellets à base de déchets végétaux

Avec le fort développement de la filière d’exploitation du bois-combustible, certains acteurs économiques comme les fabricants de panneaux en aggloméré ou les papetiers voient le prix de leur matière première s’envoler. La solution apportée par la société Zeta Pellet devrait les soulager quelque peu. Cet acteur situé près de Cannes (France) propose en effet une solution globale permettant de transformer des déchets verts de diverses natures en pellets utilisables immédiatement.

Transformer les quantités énormes de déchets verts généralement peu ou pas utilisés en pellets grâce à une installation de broyage ingénieuse associée à des chaudières adaptées: voilà les deux éléments qui ont permis à Etienne Frank, PDG de la société Zeta Pellet, de transformer son rêve en beau plan d’affaires. Un rêve qu’il a tout de même mis pas moins de quatre ans à concrétiser tant les obstacles étaient nombreux. Aujourd’hui, il commence à voir ses efforts récompensés. Les premiers contrats commencent à rentrer, lui donnant enfin la possibilité de montrer aux sceptiques que son système fonctionne bel et bien. Celui-ci repose sur la conjonction de trois éléments: le premier est constitué d’un broyeur qui transforme les déchets végétaux en une sorte de farine. Cet élément est complété par un granulateur de 30 kW chargé d’agglomérer les différentes parties de la matière végétale déchiquetée en pellets cylindriques aux mensurations constantes. La troisième partie concerne la mise au point de chaudières capables de valoriser thermiquement ces types de combustibles.

Le principe des mains que l’on frotte pour les sécher

Le plus gros désavantage des résidus de déchets verts lorsqu’on souhaite les valoriser thermiquement, c’est qu’ils sont encore relativement frais et qu’ils contiennent encore naturellement un pourcentage d’humidité élevé. Afin de résoudre ce problème, Etienne Frank a imaginé un processus qui va “frictionner” les matières végétales pendant une à deux minutes, le temps de les sécher complètement: “En fonction du nombre de fois que l’on répète l’opération, on pourra obtenir une matière sèche avec 10% d’humidité à partir de matières premières affichant un taux d’humidité allant jusqu’à 75%”, explique le PDG de Zeta Pellet. Soit bien mieux que le taux d’humidité que l’on retrouve dans les plaquettes de bois qui constituent le concurrent direct de Zeta Pellet. En outre, pour la fabrication des pellets, aucun adjuvant n’est requis. L’humidité et l’huile ou les essences naturellement présentes dans les végétaux suffiront pour faire s’agglomérer les différentes parties végétales pour former les pellets. Un mélange qui peut s’accommoder d’essences comme l’olivier, le pin ou le cyprès, très communes dans le sud de l’Europe, mais qui donnera aussi d’excellents résultats avec les essences que l’on trouve communément dans les contrées plus au nord de l’Europe comme le charme, le hêtre, le chêne… que l’on pourra le cas échéant mélanger à d’autres essences comme le saule, le sapin complétées par des déchets verts de toutes sortes (tontes, tailles de haies…)

Une technologie verte, mais très gourmande en main-d’oeuvre

Seul gros inconvénient du système: il est constitué de pièces métalliques entrant en contact l’une avec l’autre pour presser les végétaux, ce qui les amène inévitablement à s’user. A cet égard, Etienne Frank souligne l’importance de la qualité de la matière première: “La durée de vie de ces pièces est fortement conditionnée par la pureté du flux entrant. Si des pierres, des graviers ou du sable sont encore présentes dans le flux, la durée de vie des disques va diminuer, passant de 2.000 heures à 1.500 ou même 1.000 heures”, explique Etienne Frank. Un phénomène d’usure accéléré que l’on verra aussi se produire si l’on adjoint au flux des matières végétales particulières comme le riz. “Un véritable fléau, car il contient de la silice qui fait s’user encore plus vite les installations”, explique Etienne Frank. Tous les végétaux ne sont donc pas bons à prendre si l’on veut prolonger la durée de vie des installations. Grave? “En fin de compte, pas tant que ça. Sur le prix de revient d’une tonne de pellets, le prix des disques ne représente que quelques centimes”, précise le patron de Zeta Pellet. Le poste de la main-d’oeuvre est plus problématique. En effet, pour assurer un tri efficace des flux, il faut pouvoir disposer d’un certain effectif motivé et attentif au moindre détail. Et le patron de Zeta Pellet de faire une analogie avec l’activité d’un restaurant où chaque ingrédient doit être soigneusement préparé par une armada de marmitons avant d’être mis au four… “C’est évidemment un désavantage pour les clients qui voudraient aller au plus simple et au moins coûtant, mais assurément une caractéristique intéressante pour les collectivités et pour les entreprises qui souhaiteraient privilégier un fort taux d’occupation de main-d’oeuvre peu ou pas qualifiée“, explique Etienne Frank.

Des chaudières adaptées dans une large gamme de puissances

Zetechpro_SmallUn autre désavantage - aujourd’hui solutionné - tient au taux de cendres des pellets fabriquées à partir de déchets verts. Pour les pellets fabriqués à partir de sciure, le taux de cendre est de seulement 1% contre près de 5% pour les pellets produits par Zeta Pellet. Une différence dont n’ont visiblement pas su s’accommoder toutes les chaudières biomasse vendues sur le marché. Etienne Frank: “Au départ, les seules chaudières qui étaient capables d’accepter nos pellets et leur taux de cendres de 5% étaient des chaudières de plus de 150 kW, mais aujourd’hui, grâce à un accord passé avec un fabricant autrichien, nous pouvons vendre des chaudières au spectre plus large, qui peuvent fonctionner parfaitement avec notre combustible, mais aussi avec des plaquettes de bois, des granulés de bois, des bûche de bois, de la paille, des céréales, du colza, du miscanthus et même des noyaux de pêches ou d’olives. Et ce à partir de puissances qui nous donnent un accès à une clientèle particulière en plus de la clientèle constituée des entreprises et des collectivités“. Aujourd’hui Zeta Pellet contrôle toute la chaîne et propose de valoriser ses pellets verts dans des chaudières à partir d’une puissance de 15 kW, chaudières qui peuvent parfaitement convenir pour des bâtiments basse énergie ou pour des bâtiments bien isolés. Reste à trouver la clientèle privée et les collectivités locales qui accepteront de se laisser séduire par ce concept. A cet égard, Zeta Pellet entend profiter au maximum de la référence engrangée avec Mougins, une municipalité des Alpes-Maritimes, avec laquelle elle a passé un premier contrat global.

www.zetapellet.com

www.zetechpro.com

 

L’épineuse question des déchets compostables

En France et un peu partout en Europe, on croule littéralement sous les déchets verts. En cause: le développement important des travaux d’entretien des espaces verts, l’insuffisance des installations de compostage et l’absence de filières de distribution fortes pour la commercialisation des composts ainsi fabriqués. Etienne Frank: “Encore trop souvent, on constate un peu trop tard que les filières nécessaires pour écouler la production font défaut. On est parfois obligés d’acheminer le produit vers un incinérateur quand on ne doit pas lui faire prendre bêtement le chemin de la décharge (ndlr: la chose est interdite par la Commission européenne)”. Une situation problématique qu’Etienne Frank se propose de résoudre en développant des contrats intégrés avec les collectivités locales. Celles-ci lui confient la gestion des espaces verts et l’exploitation en régie de l’unité de production de pellets. Le tout fait l’objet d’une valorisation thermique qui est valorisée sur place, complétée par une valorisation matière utilisée en épandage pour l’amendement des espaces verts de la ville ou de la communauté de villes associées à l’opérateur. Toute la chaîne est ainsi finement contrôlée.

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