La chaleur verte, la prochaine étape!
Par Jean-François Marchand | Energymag | 06.11.09 |
Après Volvo Europa Truck à Gand, c'est au tour de l'Oréal Libramont d'annoncer en grandes pompes la neutralité CO2 de son usine. Ici aussi, c'est une première mondiale, en tout cas pour le groupe l'Oréal, et à nouveau réalisée chez nous, en Belgique. A la chaudière biomasse bois de Volvo, l'Oréal a préféré le biogaz. La technologie est plus complexe, le montage de projet également, mais force est de constater qu'elle ne manque pas d'atouts. Car outre le fait que l'installation de biométhanisation de l'Oréal pourvoie de façon renouvelable à 85% des besoins en chaleur, elle produit aussi un surplus considérable d'électricité verte réinjectée sur le réseau. Au final, de quoi rendre l'usine neutre en émissions CO2. Lors de l'inauguration, une dizaine d'industriels ont été invité par l'électricien Eneco qui a développé le projet via sa filiale Bio Energie Europa. Ils sont tous grands consommateurs de chaleur et il se dit que tous entendent signer leur contrat tout prochainement. Eneco annonce ainsi vouloir développer dans notre pays 4 à 5 projets de biométhanisation par an et par région. Voilà le genre d'annonce qui devrait changer la perspective sur la chaleur verte. Il y a encore cinq ans à peine, parler de chaleur verte dans l'industrie faisait sourire. C'est de moins en moins le cas aujourd'hui. L'exemple de l'Oréal ne devrait cependant pas cacher l'énormité du travail encore à accomplir. L'organisme européen de coordination de l'énergie renouvelable qualifie la chaleur verte de géant sous-estimé. Rien que pour le biogaz et pour ne citer que l'exemple de la Région Wallonne, 123 MWh d'électricité et 35 MWh de chaleur ont été produits au départ de la biométhanisation en 2007. Soit moins de 4% du potentiel total de la région. La situation n'est guère différente en Flandre, ni dans les autres gisements de biomasse. C'est dire s'il existe un énorme potentiel pour produire de la chaleur verte et/ou de l'électricité, idéalement en cogénérant. Et pas qu'aux fins de process industriels. Dans le bâtiment aussi, la chaleur verte fait des émules à divers degrés. Que ce soit via le solaire thermique, la géothermie et la biomasse associées ou non à des réseaux de chaleur. En combinant technologies et gisements, notre pays pourrait produire annuellement 34 TWh de chaleur verte d'ici à 2020, soit 14,8% de ses besoins. Y parvenir suppose une politique volontariste de lever les obstacles existants, notamment sur le plan des incitants. La perspective d'un plan chaleur verte annoncé pour l'an prochain en Flandre devrait ouvrir la voie.


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