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La Belgique: territoire prédestiné aux véhicules électriques ?

  • Maximilien Croufer est consultant énergie au sein du Groupe Altran, spécialiste des questions de mobilité électrique. Il a notamment mené une étude d'impact sur la demande électrique et au développement d'un modèle prévisionnel pour le compte du groupe GDF-Suez. 

2011 est une année qui verra l’introduction de plusieurs modèles de véhicules électriques et hybrides sur le marché. La Belgique sera-t-elle réceptive à ces nouveaux véhicules dits verts ? Quels sont les barrières à l’introduction de ce type de véhicules chez nous ?

Les avancées technologiques récentes ont permis l’introduction de nouveaux types de véhicules, d’abord hybrides, et maintenant électriques. A mi-chemin entre ces deux types de véhicules, on trouve désormais des véhicules hybrides ‘plug-in’. Ces véhicules équipés d’un moteur électrique et thermique ont la particularité de pouvoir recharger leurs batteries via des bornes de rechargement et de faire ainsi une trentaine de kilomètres uniquement sur moteur électrique. Par ailleurs ces véhicules sont adaptés pour faire des longues distances étant donné leur réservoir à essence. Si utilisés en ville, ces véhicules peuvent donc faire la majorité des déplacements uniquement sur batterie, émettant prés de 2 fois moins de CO2 au km (*), et profitant également d’un prix plus attractif au km, l’électricité étant moins couteuse que l’essence. Quant aux véhicules électriques purs, malgré un prix d’achat élevé provenant essentiellement du prix des batteries, leur coût de fonctionnement est 2,5 fois moins cher au km qu’une voiture équivalente. Le coût d’entretien est également moins élevé, les moteurs électriques comportant nettement moins de pièces mécaniques.

Barrières à leur déploiement

Si ces véhicules paraissent attrayant par leur coté vert et silencieux, il faut admettre qu’il existe encore des barrières à leur développement en Belgique. Une première barrière pour les véhicules électrique est l’autonomie limitée. Les fabricants annoncent des autonomies entre 150-200 km par charge. Pour un usage urbain, ce genre d’autonomie est suffisant ; mais pour des distances plus longues, le risque de ne pas avoir assez de charge pour rentrer chez soi en freinera plus d’un. Ceci dit, la Belgique se présente pourtant comme le territoire idéal pour un déploiement de cette première génération de véhicules électrique. En effet, avec des distances de l’ordre de 50 km séparant la plupart des villes, il est tout à fait envisageable de voyager en Belgique avec une recharge de véhicule électrique. Ceci est bien entendu possible à condition d’avoir à chaque destination une borne de rechargement à disposition.

La clé: l'infrastructure de recharge

Ce qui nous amène au problème lié au chargement, et surtout, à sa durée. Une recharge complète prenant prés de 8h, où rechargera-t-on son véhicule ? Les bornes doivent se situer idéalement là où les voitures resteront garées pour une longue période ; tels que des parkings de bureaux, de magasins, ou des places dédiées en agglomération. Bien entendu des stations services proposeront des recharges dites ‘rapides’ permettant de charger prés de 80% des batteries en une trentaine de minutes. Le déploiement de bornes de chargement, publiques et privées, est donc essentiel à l’électrification du parc automobile. Malheureusement la Belgique semble avoir pris du retard sur ses voisins à ce niveau-là. Si plusieurs enseignes commerciales ont déjà pris les devants en annonçant l’installation de bornes sur leurs parkings, ou dans certaines stations-services, il n’y a pas encore de plan visant au déploiement de bornes publiques dans nos agglomérations. On constate que plusieurs pays voisins annoncent des plans permettant un réel développement de ce type de véhicule. Londres prévoit d’installer 25.000 bornes de chargement d’ici 2015, soit une tout les 1,5 km. Les Pays-Bas annoncent également l’installation de 10.000 bornes de rechargement, tandis que la France annonce l’installation de 25.000 bornes dans une vingtaine d’agglomérations d’ici mi-2012.

Si un déploiement progressif est attendu en Europe, plusieurs études indiquent que prés de 10% des véhicules neufs d’ici 2020 seront rechargeables (tout électrique ou hybride plug-in). Avec un parc de voitures de plus en plus électrique, les producteurs et fournisseurs d’électricité étudient l’impact potentiel de ces véhicules sur la demande énergétique et sur le réseau à moyen et long termes. Altran, via sa collaboration depuis plusieurs années avec un des plus grands énergéticiens du pays, participe entre autres à la modélisation prospective de ces impacts sur base de l’étude de scénarii d’évolution potentielle du marché des véhicules électriques (tendancielle, optimiste, pessimiste).  Les infrastructures électriques actuelles seront suffisantes pour les premiers véhicules. On s’attend en effet à ce qu’une majorité de recharges se fasse durant les heures creuses, lorsque la demande électrique est moins importante.

La Belgique adoptera-t-elle ces véhicules silencieux, n’émettant pas de gaz d’échappement et pouvant potentiellement être non émettrice de CO2 ? Seule la mise en place d’une infrastructure adaptée nous permettra de le découvrir.

Commentaires   

 
0 #3 Olivier Balhan 06-10-2011 20:57
Très intéressant ? Surtout très inutile car la voiture électrique auto-suffisante (c'est-à-dire qui se recharge plus vite qu'elle ne se décharge) existe déjà.

Je suis à votre disposition pour de plus amples informations.

Olivier
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0 #2 Croufer Chollet G 04-02-2011 10:52
Très intéressant et positif en ce qui concerne l'environnement.
mais qu'en est-il du problème de base : à savoir la production d'énergie électrique ? Là aussi il faut aborder les énergies propres. et actuellement a t on assez de production dans ce domaine?
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+1 #1 Piotr Burdin 02-02-2011 15:49
très intéressant...
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