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AB InBev investit 20 millions d'euros dans une centrale de cogénération

AB InBev a investi 20 millions d'euros dans une nouvelle centrale de cogénération pour la brasserie Stella Artois de Louvain. Une installation dernier cri remarquable à bien des égards: en plus de disposer d'un rendement global de 93%, elle possède un système permettant de récupérer la vapeur à 90% et ne produit pratiquement aucune nuisance sonore à l'extérieur du bâtiment.

La chaleur est un élément capital dans le brassage de la bière: le processus implique en effet de nombreuses phases de cuisson et de chauffage. Autre élément tout aussi indispensable pour alimenter les moteurs, les pompes, etc.: l'électricité. Ces deux types d'énergie, la brasserie Stella Artois les génère en grande partie grâce à sa propre centrale thermique. L'ancienne installation a rendu de bons et loyaux services pendant 40 ans. Mais récemment, elle a dû être remplacée. La nouvelle centrale, remarquablement performante, a été officiellement mise en service le 4 juin dernier. Elle possède une capacité électrique de 4,6 mégawatts, ce qui permet à la brasserie de combler environ 70% de sa demande électrique. Pour la production de chaleur (sous forme de vapeur), il y a trois grandes chaudières qui, ensemble, génèrent une production de vapeur de 75 tonnes par heure. Mais l'installation n'impressionne pas que par sa haute capacité de production énergétique. Elle possède aussi un rendement incroyablement élevé. Explications d'Olivier Declercq, responsable de projet: « Globalement, ce rendement s'élève à 93%, un rendement qu'on ne retrouve peut-être nulle part ailleurs en Belgique. Cette situation est en partie à imputer au choix de la cogénération. Avec une technologie conventionnelle, la chaleur résiduelle de la turbine à gaz est rejetée dans l'atmosphère. Dans la nouvelle centrale thermique, celle-ci est en revanche utilisée pour convertir l'eau en vapeur, soit 6 à 7 tonnes par heure. Et si nous avons besoin de plus de vapeur, nous utilisons du gaz naturel. Nous avons réalisé la phase d'étude de la cogénération avec une minutie inhabituelle, car l'objectif était de récupérer la plus grande quantité d'énergie possible. Ce qui a permis d'aboutir à des réalisations assez extraordinaires. Pour s'en convaincre, il suffit de penser à l'eau des chaudières qui est utilisée pour transporter l'énergie thermique de l'installation de cogénération vers la brasserie. Cette eau contient une série de sels et autres éléments nuisibles pour l'installation. C'est la raison pour laquelle les chaudières sont de temps en temps vidées. Eh bien, comme ce résidu contient de la chaleur, nous la récupérons pour produire de la vapeur. Ce qui est plutôt rare ! Autre facteur expliquant ce rendement élevé: nous avons opté pour la technologie la plus efficace. Ainsi la turbine à gaz présente-t-elle un rendement électrique de 39%, alors que normalement, celui-ci ne s'élève qu'à plus ou moins 28%. En ce qui concerne les chaudières, qui produisent de la chaleur grâce à la vapeur, le rendement s'élève à 96%, contre 92% pour les autres ». Globalement, tout ceci se traduit par une diminution de la consommation énergétique de 5 à 10% par rapport aux centrales thermiques traditionnelles. Autre aspect non négligeable: la brasserie se trouve non loin de l'agglomération de Louvain, ce qui nous obligeait à limiter au maximum les nuisances sonores de la centrale thermique. Nous avons donc imaginé une isolation correspondant à chaque source sonore. De plus, le bâtiment enveloppant la brasserie dispose de panneaux sandwich d'une épaisseur de 35 cm. Résultat: on ne mesure plus qu'un niveau sonore de 35 dB(A) à la limite de la parcelle. « C'est même moins que les 60 dB(A) générés par une conversation normale », explique Olivier Declercq.

Moins d'eau

La consommation d'eau de la centrale thermique a elle aussi été réduite au maximum. Olivier Declercq: « Après avoir dégagé sa chaleur dans la brasserie, la vapeur se change en condensat. Nous essayons de récupérer 90% de la vapeur utilisée en condensat dans la centrale thermique. Quant aux 10% d'eau résiduelle, elle se compose à 30% d'eau de pluie qui est captée du toit du bâtiment où se trouve la centrale. Mais à terme, nous entendons capter l'eau de pluie de toute la brasserie ».

Une fiabilité maximale

La nouvelle centrale est considérée comme le « cœur » du site. Car si elle s'arrête, il devient impossible de brasser de la bière. Pour éviter ce problème, un double circuit a été monté, ce qui permet d'assurer un approvisionnement énergétique permanent. « En fait, tout ce qui est critique pour la brasserie a été prévu en double: les chaudières de sécurité, toutes les pompes et tous les moteurs lourds, le traitement du gaz (comme son expansion), le traitement de l'eau, la distribution de vapeur et de gaz, etc. La turbine à gaz, par contre, n'a pas été prévue en double. Car ce système est déjà redondant dans la mesure où nous sommes raccordés au réseau électrique », conclut Declercq.

Commentaires   

 
0 #1 Olivier Balhan 06-10-2011 12:28
Bonjour Monsieur Declerq,

Le fournisseur-int égrateur de cette cogénération a-t-il déjà été choisi ?

Olivier
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