Commissionnement continu grâce à l’intelligence artificielle
Par Jean-François Marchand | Energymag | 04.10.11 | Publié dans Energymag n° 18 |
Les solutions de pilotage intelligent et en temps réel des installations techniques permettent de mobiliser les gisements d’économies d’énergie dans tout type de bâtiments. Leur diffusion se heurte cependant encore à des difficultés opérationnelles, constituées principalement par le coût de la matière grise en regard du nombre de sites et d’équipements à suivre et optimiser. Aussi, une autre tendance perce actuellement dans le domaine du bâtiment intelligent, portée par les acteurs du secteur de l’IT, celle du développement de solutions logicielles analytiques de grands volumes de données liées au comportement énergétique des bâtiments.
L’idée est d’appliquer des modèles d’analyse mathématique des données issus de l’intelligence artificielle aux données techniques d’un portefeuille de bâtiments. Ce type de logiciel analyse en temps réel les données d’exploitation du bâtiment (conditions météorologiques, comportement des équipements, occupation des locaux,…) et les compare à un modèle de simulation informatique permettant de diagnostiquer les écarts et de prédire les pannes par rapport à des référentiels de consommation, de niveaux de confort, des comportements de référence des équipements et des capteurs qui les équipent. Il est alors possible de nourrir les systèmes de gestion technique des correctifs nécessaires et des actions de maintenance préventive. L’intérêt de ces solutions tient dans l’abaissement du coût d’expertise en génie thermique indispensable aux efforts d’optimisation. Elles permettent ainsi d’accélérer le diagnostic énergétique d’un bâtiment et de systématiser la détection des dérives et la priorisation des actions correctives sur des critères économiques. C’est un peu comme si l’on faisait un commissionnement technique du bâtiment, mais en continu et en temps réel. Une société comme Accenture a développé une solution de ce type en mode SaaS, déployée aujourd’hui sur plus de 15 millions de m2. Mais elle n’est pas la seule, des start-up de l’IT se sont également engouffrée dans ce créneau comme Scientific Conservation (voir article par ailleurs) qui fait aujourd’hui l’objet d’un intérêt grandissant des grands propriétaires/occupants multi-sites comme Boeing ou General Electric. Ce dernier à lui seul occupe près de 32.000 bâtiments dans le monde. On comprend l’intérêt d’une approche à grande échelle de ce type de solutions.


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