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Technique 2: panneaux solaires à couche mince

Les panneaux solaires à couche mince sont relativement récents sur le marché. Bien moins cher à produire que les panneaux solaires au silicium cristallin, ils pourraient représenter 40% de la production de panneaux dès 2012, une percée fulgurante pour cette technologie récente.

La technique

Une couche photovoltaïque active (la "couche mince") est placée sur du verre ou un substrat dans un autre matériau (tel du plastique ou un polymère). Les cellules sont appliquées au moyen de "techniques en phase vapeur", où le semi-conducteur (comme du germanium, du sélénium, des alliages de cuivre-indium, du gallium, du silicium, voire des produits mélangés à de l'arsenic et à du cadmium) est vaporisé sur le substrat (le panneau porteur). La couche mince génère une très haute tension, même sous un faible rayonnement lumineux. Mais comme la puissance (P) par unité de surface est inférieure, l'intensité est moins élevée. Ce qui signifie que, pour la même quantité de watts-crête, il faut environ une fois et demie la surface requise de panneaux cristallins.

De nombreuses solutions à couche mince sont aujourd'hui disponibles sur le marché. La différence entre celles-ci réside au niveau des semi-conducteurs utilisés, du nombre de couches ainsi que du mode d'exécution (collage sur une toiture plate, par modules ou non, montés dans des cadres séparés ou non comme les modèles cristallins sur une structure porteuse). Les plus anciens types sont les panneaux à silicium amorphe. Ceux-ci dérivent directement de la technologie silicium courante dans les panneaux cristallins. Le silicium est dans ce cas amené en phase vapeur et refroidi avant qu'une structure cristalline puisse se former, afin de permettre l'apparition d'une couche mince et flexible incassable (pas de plans de clivage).

Les avantages:
  • Comme les cellules en couche mince sont inférieures à 1 µm, il faut moins de matériaux et les coûts de production s'en trouvent par conséquent réduits. Ces panneaux sont jusqu'à 30 % moins chers que les panneaux cristallins.
  • Esthétisme: les panneaux sont fins et sont souvent montés à plat sur la toiture, ce qui les rend pratiquement invisibles depuis le sol.
  • La couche mince génère rapidement une haute tension par faible luminosité, et les onduleurs démarrent dès lors plus rapidement et s'arrêtent de fonctionner plus tardivement. C'est pourquoi, en Belgique, ces panneaux produisent en moyenne 915 à 920 kWh par kWp placé (par rapport à 850 pour les modèles cristallins) sur une base annuelle. Pour les grandes superficies (toitures ou systèmes au sol) offrant suffisamment d'espace, on opte par conséquent souvent pour cette solution en raison de son rendement supérieur en kWh/kWp.
  • La sensibilité à l'orientation des panneaux à couche mince est beaucoup moins importante, et ils peuvent donc être montés (ou collés) complètement à plat. Mais plus l'inclinaison est faible, plus le rendement est faible. Dans certains cas, on n'obtient plus que 750 kWh/kWp.
  • Les cellules solaires en couche mince peuvent être intégrées dans un support flexible afin d'obtenir des panneaux flexibles: la solution idéale pour les toitures, qui ne peuvent supporter qu'une très faible charge.
  • Les cellules présentent une structure de couleur sombre uniforme esthétique (généralement brune ou bleu foncé), qui convient en tout point aux systèmes BIPV (Building Integrated-PV).
  • En raison de leur faible poids, les cellules solaires en couche mince sont parfaites pour différents types de surfaces.
Le revers de la médaille
  • Les panneaux à couche mince nécessitent une superficie une fois et demie plus importante que les types cristallins pour produire la même puissance en watt-crête.
  • Dans le but d'assurer une protection optimale, on utilise du tedlar® pour la face arrière des panneaux. Mais comme on emploie généralement du verre, les panneaux sont alors assez lourds à hisser lors du montage.
  • Certains panneaux à couche mince sont produits avec des métaux lourds. Or, il est interdit d'en utiliser en Belgique, afin d'éviter que des substances toxiques ne soient dispersées dans l'environnement en cas de rupture.
  • Etant donné que la technologie couche mince est récente, les renseignements relatifs à sa durabilité font encore défaut. Mais tout porte à croire les panneaux à couche mince dureront moins longtemps que les 25 ans minimum des panneaux cristallins
L'avenir à l'organique?

Le problème avec les technologies au silicium est que la fabrication de leur matière première est un procédé coûteux et intense en énergie. Des procédés alternatifs plus économiques et plus écologiques sont donc recherchés. La technologie la plus prometteuse actuellement est celle des "cellules organiques". Au lieu d'employer du silicium dont la production nécessite de très hautes températures, on a recourt à des matériaux organiques plastiques ou polymères, plus facile à mettre en œuvre et moins onéreux. Dégradables, ces matériaux garantissent en outre une technologie propre dans un contexte de développement durable. Autre avantage: leur mise en forme à partir de techniques dérivées de l'imprimerie (procédés au défilé) permet de couvrir de grandes surfaces et des substrats flexibles comme des films ou des textiles, donnant ainsi accès à des marchés inaccessibles aux technologies classiques, notamment par leur intégration à des systèmes multifonctionnels. Certes, aujourd'hui le rendement de 5 %, obtenu avec les cellules organiques est loin de concurrencer les 15 % attribués aux cellules solaires à base de silicium cristallin mais, l'accélération des recherches et des innovations pourrait rapidement rendre cette filière totalement viable.

ARTEXIS - FLANDERS EXPO

L'an dernier, Artexis a décidé d'équiper la toiture du Flanders Expo de panneaux solaires. Cette décision entre dans le cadre d'une vision élargie de la durabilité, où l'amélioration de son rendement énergétique et la réduction des émissions de CO2 jouent un rôle important. Avec ce projet, Artexis parvient non seulement à produire de l'énergie verte à moindre coût, mais également à économiser de l'électricité. En effet, comme la toiture est désormais blanche, la température diminue de 7 °C, et les besoins en réfrigération et en climatisation baissent durant les mois d'été.

TYPE DE PANNEAU: revêtement de toiture étanche à panneaux solaires amorphes intégrés
MARQUE: Derbisolar®
INSTALLATEUR: Derbigum
STRUCTURE DE TOITURE: toiture plate
SUPERFICIE DE LA TOITURE: 52.932 m²
SUPERFICIE UTILISEE DE LA TOITURE: 28.439 m²
NOMBRE DE PANNEAUX: 14.986
PUISSANCE: 1,87 MWp
RENDEMENT ESCOMPTE: 1.589.568 kWh
PART DE CONSOMMATION PROPRE: 90 %
REDUCTION DE CO2: 1.208 tonnes/an
MONTANT DE L'INVESTISSEMENT: 10 millions d'euros
FORMULE DE FINANCEMENT: Enfinity loue la toiture et finance l'installation
DUREE D'AMORTISSEMENT: 5 ans
SPECIFICITE: légèreté et flexibilité, combinaison de revêtement de toiture et de cellules solaires intégrées
TEMPS D'INSTALLATION: 4 mois

BIBOTOR - BOKRIJK

Bibitor est propriétaire du projet Hangar-58, un bâtiment événementiel qui offrira suffisamment d'espace pour accueillir plus de trois mille personnes. L'édifice, qui comprend plusieurs salles (d'exposition), amphithéâtres et salles de conférence, se situe à côté de la "vieille ville", la zone commerciale à côté du musée en plein air de Bokrijk. La toiture est entièrement recouverte de panneaux solaires, à quelques m2 près.

TYPE DE PANNEAU: HB100
MARQUE: Kaneka
INSTALLATEUR: Ecostream
STRUCTURE DE TOITURE: structure en acier flottante sur la toiture avec supports en alu pour les panneaux
SUPERFICIE DE LA TOITURE: 950 m²
SUPERFICIE UTILISEE DE LA TOITURE: 912 m²
NOMBRE DE PANNEAUX: 720
POIDS: 12,96 tonnes
PUISSANCE: 75 kWp
RENDEMENT ESCOMPTE: 65 MWh par an
PART DE CONSOMMATION PROPRE: estimée à la moitié (le bâtiment est flambant neuf et sa consommation n'a pas encore été évaluée)
REDUCTION DE CO2: 20.000 tonnes
MONTANT DE L'INVESTISSEMENT: 230.000 euros
FORMULE DE FINANCEMENT: tierce partie
DUREE D'AMORTISSEMENT: -
SPECIFICITE: les panneaux sont orientés au sud comme une fortification. Etant donné que ce bâtiment ne se situe pas dans un espace dégagé, mais qu'il n'est tout de même pas ombré, on a délibérément opté pour des panneaux à couche mince parce que cette solution réagit bien à la lumière diffuse.
TEMPS D'INSTALLATION: 3 semaines

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