L'énergie durable à portée de main
Par Marcel Goemans | MWH Global | 01.11.10 |
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Marcel Goemans est Sector Director pour le département déchets et énergie renouvelable chez MWH Europa-Africa (voir: www.mwhglobal.com) et chargé de cours à l'Institut pour l'environnement et le développement durable de l'Université d'Anvers (www.ua.ac.be/milieukunde).
L'augmentation des prix de l'énergie, notre dépendance à l'égard de régions instables pour notre approvisionnement en énergie ainsi que les changements climatiques nous incitent à des innovations et améliorations dans les domaines de la production et de la consommation d'énergie. Ceci signifie qu'il faudra investir de manière plus intégrée, où les secteurs de construction et d'installation apporteront également une importante contribution suite au développement de les énergies renouvelables et par une utilisation plus efficiente de l'énergie. Le marché est en grande partie mûr, que ce soit du point de vue technique ou organisationnel. Ainsi les politiques incitatives - certainement dans le contexte européen- visent à développer toutes les sources d'énergies renouvelables. Il existe différentes mesures incitatives comme par exemple les aides à l'investissement, les certificats de production d'énergie verte et de cogénération, les tarifs de rachat ainsi que les mesures fiscales parmi lesquelles des déductions élevées sur l'investissement. Ces mesures ont un impact positif sur le développement de technologies pour la production décentralisée d'énergie (renouvelable): centrales solaires photovoltaïques, installations de cogénération à petite échelle, éoliennes ainsi que les centrales biomasse ont ainsi toutes atteint le statut de technologie prouvée. Beaucoup de travail reste cependant à fournir pour ajuster l'infrastructure de distribution à la nouvelle réalité. Des réseaux intelligents, l'assimilation de milliers de microproducteurs qui sont également consommateurs, des voitures électriques où les batteries sont utilisées pour le stockage d'énergie,... cela demande du temps pour réaliser tout ceci et pour en saisir toutes les implications. Nous sommes, en effet en l'espace d'une décennie, catapultés d'un concept de production et distribution d'énergie du 19e siècle vers un concept de production et distribution d'énergie du 21e siècle.
La biomasse: un atout
Les acteurs du marché n'ont certes pas attendu que toutes les pièces du puzzle soient en place. Ces dernières années, de nombreux projets ont été réalisés avec succès, ce qui a conduit à une production d'énergie décentralisée – pas forcément d'énergie renouvelable – ayant permis une économie non négligeable dans la consommation. Mis à part les exemples bien connus comme les panneaux solaires photovoltaïques ou les éoliennes, il existe également des projets biomasse et de déchets verts à petite échelle, où les résidus organiques locaux disponibles – comme les boues d'épuration d'eau, le lisier de porc et de poulets, la paille, les herbes des fauchages des bermes, les déchets de jardin, de légumes, de fruits ou encore les déchets de l'industrie alimentaire – sont utilisés comme matière première pour la production d'électricité et/ ou de chaleur. Ces déchets verts ont comme avantage principal qu'ils peuvent être réutilisés à 100%; ce qui en fait une source d'énergie neutre du point de vue CO2. C'est ainsi que fonctionne quasi uniquement sur base d'énergie verte produite à partir de boues l'usine de United Utilities en Angleterre. Dans les Ardennes belges, le zoning industriel de Vielsalm est équipé d'une centrale produisant chaleur et électricité vertes à partir des déchets des industries du bois et des entreprises forestières. Un projet similaire est à l'étude chez Bois Negoce Energie en France où une centrale de cogénération sur base de bois et de déchets de bois produira l'énergie nécessaire pour la demande des industries du bois des environs. MWH, à la demande d'un certain nombre d'entreprises, étudie actuellement la question du potentiel de transformation des déchets d'entreprises en chaleur et électricité. Ceci ne signifie pas que les sources fossiles seront superflues. Justement, à l'aide d'une utilisation flexible et complémentaire de différentes sources, les centrales énergétiques principalement "nourries" au moyen de biomasse et de déchets verts peuvent se prouver en tant que solution durable et efficiente. L'efficicacité des centrales biomasse peuvent en effet encore être sensiblement améliorées si celles-ci sont combinées avec des centrales classiques au gaz. Les problèmes inhérents à la combustion de biomasse – comme la teneur plus élevée en sel dans le carburant – peuvent dès lors être contournées sans que le rendement soit perdu.
Maintenant que les problèmes techniques et organisationnels sont solutionnés et économiquement réalisables, la généralisation du déploiement de projets d'énergie durable à grande échelle peut commencer. Une grande partie des efforts sera porté sur la production d'énergie renouvelable, la cogénération si possible couplée à un stockage de chaleur latente, l'intégration des centrales énergétiques à proximité des sources d'énergie et des acheteurs, comme les centres industriels et urbains, afin de minimiser les pertes et les coûts liés au transport du carburant, de l'électricité et de la chaleur, la mise en oeuvre de mesures d'économies d'énergie afin que la demande structurelle baisse. Jusqu'à présent, l'introduction de tels concepts holistiques stagnaient encore en Europe il y a peu. Mais aujourd'hui, le marché de l'énergie verte est devenu une réalité.


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